les anamnèses
exposition collective de sortie de résidence
curatée, écrite et scénographié
espace le carré - lille
13.02.2026 - 26.04.2026




Présentée à l’Espace Le Carré, Les Anamnèses constitue l’exposition de sortie de la résidence que j’ai menée à Rome durant l’hiver 2025. Réfléchissant à partir d’un corpus d’œuvres de Younès Ben Slimane, Marie Charpentier et Théo Romain Sobota, j’ai mené pendant un mois des recherches sur le potentiel plastique de l’anamnèse, c’est-à-dire d’un mode spécifique de la mémoire qui consiste à réinventer au présent l’image d’un passé afin qu’il produise de nouveaux effets.

À partir de l’étude d’un certain nombre « d’anomalies chroniques », c’est-à-dire d’objets polytemporels particulièrement présents dans Rome, j’ai essayé de comprendre à quels endroits la dimension profondément récursive et anamnésique du développement culturel romain pouvait être comparable au rapport singulier que la production artistique contemporaine entretient à l’égard de sa propre mémoire. Travaillant initialement à partir d’un corpus de textes composé des écrits d’Aby Warburg, de Georges Didi-Huberman et de Mark Fisher, je me suis finalement aussi intéressé à des auteurs abordant plus spécifiquement la question de la crise contemporaine du temps (Hartmut Rosa, Glenn Albrecht, Nick Land, Zygmunt Bauman, entre autres), pour comprendre comment deux époques s’habitent mutuellement.

Ces différentes recherches ont abouti à l’exposition Les Anamnèses, à l’occasion de laquelle j’ai pu présenter différents textes. Scénographiquement, l’exposition a été pensée comme un espace mnésique au sein duquel il est possible de déambuler. Flottant dans l’obscurité à hauteur de regard, les œuvres étaient illuminées par une partition de variations électriques que j’ai composée au terme de ma résidence, à partir d’une banque de données cérébrales enregistrant l’activité électrique neuronale d’enfants tentant de se souvenir d’informations qu’ils avaient oubliées. Composée sur trois réseaux électriques différents et désynchronisés, l’exposition se recomposait ainsi indéfiniment, au rythme de l’oubli et du ressouvenir.


Remerciements :
L’Institut français de Rome
Les Pieux Établissements de la France à Rome et à Lorette L’Espace Le Carré
Studio Kraft (scénographie)